ERIC FOUASSIER AUTEUR

 

 

 

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L'EDITO du trimestre

Bonjour à tous !

Le printemps du livre n'est pas des plus folichons cette année. 

Il y a d'abord cette crise économique, réelle, mais dont on nous rebat sans doute un peu trop les oreilles (la méthode Couë marche aussi en sens négatif). Il suffit de participer à quelques salons littéraires ces temps-ci pour se rendre compte que le livre n'est pas un objet de première nécessité et que le nombre des promeneurs dans les allées a la facheuse tendance à l'emporter sur celui des lecteurs ! Malheur à l'écrivain qui n'a que des grands formats à proposer ! "Je vais attendre qu'il paraisse en poche !", devient le refrain à la mode, ces derniers temps, devant les stands où les piles de bouquins tardent à trouver preneurs. Bien sûr, on pourrait expliquer à la brave dame que le passage en poche relève d'arcanes aussi complexes et obscurs que le passage du manuscrit au livre édité. Bien sûr, on pourrait insister, mais les scrupules nous assaillent. Est-on absolument certain que sa prose tiendra aussi bien au ventre qu'un bon steack ? Et dans le doute, que voulez-vous, on s'abstient !

Le livre n'est pas un objet de première nécessité. Voire ! La hausse récente de la TVA le place au même rang que bien des produits de consommation courante. "Cultivez le paradoxe ! ", m'exhortait l'un de mes professeurs de français au lycée. Là, nous nageons en plein dedans. Et ce ne sont pas nos pauvres amis libraires qui me contrediront. Les voilà condamnés à la valse des étiquettes, eux qui n'ont déjà presque plus le temps de lire et de conseiller le carré farouche de leurs derniers clients, ceux qui résistent aux chants insidieux d'une sirène déguisée en Amazon.

Enfin, cerise sur le gâteau, ce début d'année morose s'est ouvert sur une véritable spoliation des auteurs. Je veux parler de la loi permettant la numérisation des oeuvres orphelines, c'est-à-dire des oeuvres deveues indisponibles à la vente et non encore entrées dans le domaine public. Je ne rentrerai pas dans le détail de ce texte assez technique. Je m'étonne simplement qu'il ait pu trouver quelques défenseurs dans le Landernau littéraire, alors que toutes les chroniques parues dans des revues juridiques, sous la plume des meilleurs spécialistes du droit de la propriété intellectuelle, ont dénoncé cette loi comme étant purement et simplement attentatoire au droit d'auteur.

Fort heureusement, dans ce contexte difficile, quelques bonnes nouvelles m'aident à aller de l'avant. Il y a d'abord le formidable accueil des blogueurs pour la sortie de mon dernier roman "Bayard et le crime d'Amboise". Celui de la presse aussi : déjà  deux émissions de télévision, trois interviews radio et quelques bons papiers dans les quotidiens. Ce n'est pas encore le raz-de-marée médiatique (loin s'en faut !), mais quand on est publié comme moi chez un éditeur plutôt modeste, sans trop de moyens, qui plus est, localisé en province, c'est déjà très bien. Aucun de mes précédents livres n'avait bénéficié d'un tel démarrage. Je viens d'apprendre en plus que "Bayard" venait de rater le prix Paul Féval de la Société des Gens de Lettes à une voix près ! ! ! D'aucuns y verraient l'occasion de se désoler encore plus. Moi, je me dis, que pour avoir failli rafler ce prix prestigieux , mon roman doit bien avoir quelques qualités et je me sens gonflé à bloc pour la suite.

La méthode Couë, je vous dis !

Très bonnes vacances de Pâques à tous.

Amitiés Littéraires.

EF

 

 

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